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Le Parti Québécois en pleine dérive…

Mardi, le 8 mai 2007 Charles Filion

Après la cuisante défaite du PQ aux dernières élections, des têtes devaient tomber pour en assumer la responsabilité. En ce mardi 8 mai, André Boisclair, chef du PQ depuis 2005, a donné sa démission suite à de fortes pressions internes. En effet, plusieurs rumeurs circulaient, dont celle affirmant que Louise Harel, député sortante d'Hochelaga-Maisonneuve depuis 1983 et ancienne ministre des Affaires municipales et de la métropole, préparait la candidature de Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, à la succession d'André Boisclair. Toutes ces rumeurs ont fini par avoir raison de la détermination de l'homme, malgré son courage et malgré tous les froncements de sourcils que ses frasques et son homosexualité déclarée ont pu lui attirer.

 

Qu'on se le dise: André Boisclair devait partir, c'est un fait. Pas parce qu'il est un mauvais chef, pas à cause de son orientation sexuelle qui a pu lui causer préjudice car le Québec n'est probablement pas prêt à avoir un chef d'État homosexuel, pas parce qu'il a mal fait son travail. André Boisclair devait partir car il a perdu son pari électoral, et qu'il devait en assumer les conséquences en tant que premier représentant du parti sur la scène provinciale et figure emblématique par excellenece du PQ. Il retourne donc à son mandat premier, celui de député péquiste de Pointe-aux-Trembles.

 

André Boisclair est certes à blâmer pour l'échec du PQ aux élections provinciales, et il est fort probable que Pauline Marois aurait été un chef beaucoup plus solide et convaincant qu'il ne l'a été. Malgré tout, la troisième position du PQ représente beaucoup plus qu'un simple vote de non-confiance envers André Boisclair et de ses qualités de leader; elle représente un vote de non-confiance envers l'ensemble du Parti Québécois, basé sur l'idée nationale qui s'effrite de plus en plus avec les années qui passent. En effet, un troisième référendum échoué sonnerait le glas du mouvement souverainiste, et malgré le pessimisme de l'affirmation, je crois que ce serait le cas. Les Québécois en ont marre des idéaux nationalistes qui ne débouchent nulle part et qui divisent la société; les Québécois en ont marre du vieux débat entre les péquistes et les libéraux à ce sujet, et leur vote est allé au changement, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.

 

Comment leur envouloir? Le PQ ne va plus nulle part et ne parle de souveraineté que du bout des lèvres, alors que cette dernière est sa principale raison d'existence. De plus, la vieille garde ayant servi les gouvernements Lévesque, Bouchard et Parizeau est en train de ranger son tablier, alors que le Parti n'a que très peu fait de place aux jeunes dans la grande cour médiatique de l'Assemblée Nationale mis à part André Boisclair, avec le résultat que l'ont connaît. Déjà, Daniel Turp, député sortant du PQ, a déclaré publiquement qu'il faudrait reconsidérer la position du Québec face au Canada pour avoir plus d'autonomie, ce qui revient sensiblement à l'idée adéquiste et qui remet en question la cause souverainiste! Quant aux Libéraux, Jean Charest a rarement été aussi impopulaire et sa victoire relève du manque d'expérience de l'ADQ et des espoirs déçus des militants péquistes.

 

Le PQ doit se remettre complètement en question, et vite. Sinon, il y a fort à parier que la parti devra se saborder, car de toute façon, un autre finira par prendre sa place, avec ou sans l'idée nationaliste en tête. Peut-être Québec solidaire, pourquoi pas? En admettant qu'ils puissent assouplir quelque peu leurs revendications…