La mort dans l’âme
Jeudi, le 26 avril 2007 Charles FilionBoris Eltsine, ex-Président de la Russie post-Guerre froide et un de ceux qui ont accéléré la chute de l'URSS, est décédé cette semaine, soit le 23 avril 2007. Premier Président élu de la Fédération de Russie qu'il avait déclaré indépendante de l'URSS en juin 1990`avec 57% des voix, sous sa présidence ont eu lieu certaines bavures assez troublantes: même s'il a sauvé le gouvernement de Mikhaël Gorbatchev en repoussant un putsch assez grave dirigé contre lui, il n'a pas hésité à bombarder le Parlement lorsque les députés ont refusé d'en sortir après qu'Eltsine l'ait dissout pour cause de dissidence, causant ainsi une centaine de morts. De plus, la première guerre de Tchétchénie en 1994 restera gravée dans les mémoires comme un échec de la Russie, malgré une forte mobilisation de l'armée, car cette guerre dure encore de nos jours après avoir fait des milliers de morts, surtout des Tchétchènes et des civils.
Eltsine a été aussi celui qui a eu la lourde tâche de diriger la Russie après l'effondrement de l'URSS et de l'idéologie communiste. En effet, l'ouverture de la Russie à l'économie de marché ne s'est pas fait sans heurts et a été une opération de longue haleine, surveillée de près par les dignitaires du FMI. Le résultat de tout ceci a été une trop rapide libéralisation des prix vers la fin des années 90, une privatisation à la deuxième vitesse qui n'a profité qu'aux oligarques amis du pouvoir, qui évidemment n'ont à peu près rien réinvesti dans l'économie russe, qui tournait déjà au ralenti. La formule du FMI pour la Russie, que le Président Eltsine appuyait, soit la libéralisation-dérèglementation-privatisation, a conduit la Russie au bord du gouffre en 1998, avec une inflation sans précédent, une dette colossale et des milliers de personnes se retrouvant subitement au chômage. On estime que près d'un million de paysans russes meurent chaque année dans les campagnes, parce que l'État qui est encore aujourd'hui en train de se remettre à flot n'a pas les moyens d'investir pour les aider, ou ne les prends simplement pas. Bref, le cadeau empoisonné du FMI et de Boris Eltsine laisse un lourd héritage à la Russie moderne et laisse planer un doute sur les méthodes de transition du FMI, qui pensait réellement qu'en augmentant le nombre de devises étrangères en Russie et qu'en donnant de plus en plus de prêts, celle-ci pourrait surmonter la crise. Au lien de faire chuter le taux de change (ce qui est tout de même arrivé en 1998), ils ont préféré investir pour le maintenir à un niveau surélevé, ce qui a mené au désastre. Vladimir Poutine, le successeur d'Eltsine, a malgré ses tendances à mater toute opposition décidé de s'en prendre aux oligarques, ce qui n'était pas une mince affaire, mais un travail d'envergure reste à accomplis pour éviter la mort des campagnes russes. La mort d'Eltsine pourrait augurer avec un changement de cap en Russie, qui pourrait tourner la page sur une période noire de son histoire. Mlaheureusement, il y a fort à parier que les anciens du KGB menés par Vladimir Poutine ne voudront pas de ces changements, sinon leurs postes en seraient directement menacés…